CABARET
NOIR

Du baiser d’Othello aux monologues des films de Spike Lee, les interprètes de Cabaret noir s’amusent à bricoler des reconstitutions de scènes emblématiques du théâtre, du cinéma et de la télévision, touchant au détour aux représentations manichéennes du racisme dans l’imaginaire populaire.

Dans ce cabaret aux numéros contrastés, les voix se dédoublent et se déclinent en français, en anglais, en créole. Une panoplie de références aux œuvres phares des cultures afrodescendantes d’Amérique du Nord – celles de Frantz Fanon, Toni Morrison, James Baldwin, Dany Laferrière, entre autres – compose le sous-texte de cette création.

Spectacle présenté à l’Agora de la danse
  • Coproduction

    Le Groupe de la Veillée, l’Agora de la danse et le Théâtre français du CNA

  • Présentation

    Le Groupe de la Veillée et l’Agora de la danse

  • Idéation et mise en scène

    Mélanie Demers, compagnie MAYDAY

  • Avec

    Vlad Alexis, Florence Blain Mbaye, Stacey Désilier, Anglesh Major, Mélanie Demers

  • Lumières

    Paul Chambers

Mot de Mélanie Demers, chorégraphe et directrice artistique de la compagnie MAYDAY
« Cabaret noir est à la fois une célébration autour du concept de la négritude et un espace pour ne pas se laisser encapsuler et essentialiser par la construction limitée de cette noircité, de cette sombritude.
Puisqu’il n’est pas possible d’échapper à notre corps, pourquoi ne pas honorer cette condition, cette identité, ce fardeau, cette beauté. Avec ce terrain de jeu qui nous est offert, à la fois champs de coton et arène de cirque, entre essai et cabaret, on se lance yeux fermés, poings levés.
Grand-messe, happening et plaidoyer, Cabaret noir est un clin d’œil à la désinvolture de Cabaret neiges noires et à l’insouciance des bals nègres du Paris des années 30.
On se joue des clichés, du folklore, des préjugés. On convoque les mots de Frantz Fanon, de Nina Simone, de Dany Laferrière et de Spike Lee. On laisse le discours se construire et se contredire. On y observe comment une enveloppe corporelle a le pouvoir d’aiguiser les instincts et de dicter les destins.
À une époque où l’on peut prétendre tout à la fois à la trajectoire de George Floyd et celle de Barack Obama, Cabaret noir est un espace profane et sacré pour réclamer le droit de se dire, de se raconter, de s’inventer et ultimement, ne pas se laisser définir par une quelconque autorité. »
Mélanie Demers
Artiste multiplateforme, Mélanie Demers fonde sa compagnie MAYDAY en 2007. Elle y explore le lien puissant entre le poétique et le politique. Après Les Angles morts (2006) et Sauver sa peau (2008), elle crée Junkyard/Paradis (2010), Goodbye (FTA, 2012), puis MAYDAY remix (2014), où elle pousse plus loin le mariage des genres et l’hybridation des formes. Sa fascination pour la cohabitation du mot et du geste se cristallise avec WOULD (2015), qui lui permet de remporter le Prix de la meilleure œuvre chorégraphique, décerné par le Conseil des arts et des lettres du Québec dans le cadre des Prix de la danse de Montréal 2015.
En 2016, Mélanie Demers amorce un nouveau cycle avec Animal Triste et Icône Pop, deux pièces qu’elle présente des deux côtés de l’Atlantique. L’année suivante, elle est invitée à travailler avec la compagnie Skånes Dansteater, à Malmö (Suède) pour la création de Something About Wilderness. Toujours sur une lancée, elle amorce, en 2018, le projet chorégraphique international Danse Mutante. Prenant racine à Montréal et se déployant sur trois continents, l’œuvre réinvente le concept de cocréation avec les contributions de trois autres chorégraphes : Ann Liv Young (États-Unis), Kettly Noël (Mali) et Ann Van den Broek (Anvers/ Rotterdam). L’œuvre à quatre têtes se conclut sous forme de marathon, à l’Agora de la danse, en septembre 2019. Enfin, en 2020, la chorégraphe imagine Post Coïtum, une pièce sur la chute de notre civilisation, qu’elle abandonnera en raison de la pandémie. De ce deuil naîtra La Goddam Voie Lactée, inspirée de l’inachèvement, de l’inattendu et de l’imprévisible. La pièce pour cinq interprètes féminines, coproduite par le FTA et l’Agora de la danse, a vu le jour au FTA, en mai 2021. Grâce à cette oeuvre, l’artiste s’est vue remettre le Grand Prix de la danse de Montréal 2021, présenté par Québecor et la Ville de Montréal, à l’automne de l’année.
En parallèle à sa pratique artistique, Mélanie Demers enseigne la danse, entre autres, au Kenya, au Niger, au Brésil et en Haïti et dans les grandes écoles de théâtre à Montréal. Elle a présenté ses œuvres dans une quarantaine de villes en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie. Ses pièces suscitent actions et réflexion et invitent à la transformation.
Photo du spectacle
Photos des artistes