Scène principale

4.48 Psychose

Texte
SARAH KANE

Mise en scène
Florent Siaud

Traduction
Guillaume Corbeil

Avec Sophie Cadieux

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mai 2022
dimanche 1516 h
lundi 1619 h
mardi 1720 h
mercredi 1819 h
mercredi 1822 h
vendredi 2019 h
samedi 2116 h
samedi 2120 h
dimanche 2216 h
Résumé

Figure sulfureuse de la dramaturgie britannique, Sarah Kane signe avec 4.48 Psychose sa pièce ultime, traversée par l’intuition oppressante de la mort comme par une étonnante pulsion de vie. Derrière les éclats poétiques d’un texte fragmentaire émerge la voix d’une femme brillante qui veut rester intègre avec elle-même, sans se conformer aux normes sociales.

Pour le metteur en scène Florent Siaud, ce chef-d’oeuvre absolu du répertoire contemporain « déploie la parole javelot d’une femme-littérature, d’une femme-lucidité ». S’appuyant sur le rythme d’une efficace traduction québécoise et un environnement scénique quasiment lynchéen, la performance physique de Sophie Cadieux entraîne le public dans une traversée de l’ombre et de la lumière.

D’abord présentée au Théâtre La Chapelle, en 2016, puis au Théâtre Paris-Villette en France, cette création des Songes turbulents a été saluée aux Prix de la AQCT 2016 (finaliste catégorie mise en scène, lauréate [Sophie Cadieux] catégorie interprétation féminine).

  • Production

    Les songes turbulents

  • Texte

    Sarah Kane

  • Mise en scène

    Florent Siaud

  • Traduction

    Guillaume Corbeil

  • Avec

    Sophie Cadieux

  • Lumières

    Nicolas Descôteaux

  • Vidéo

    David B. Ricard

  • Conception sonore

    Julien Éclancher

  • Scénographie et costumes

    Romain Fabre

Sarah Kane
Née le 3 février 1971 à Brentwood, dans l’Essex (Grande-Bretagne), Sarah Kane entreprend des études dans le département de théâtre de l’université de Bristol. Elle signe rapidement une œuvre ramassée, dérangeante. En se pendant le 20 février 1999 dans les toilettes de l’hôpital King’s College de Londres, elle y met un terme abrupt.
Ses premières pièces Anéantis, L’Amour de Phèdre et Purifiés défraient la chronique et participent à l’émergence d’un théâtre « In Yer-Face » qui bouleverse la scène londonienne à travers des textes coups-de-poing signés Sarah Kane, mais aussi Mark Ravenhill ou Irvine Welsh. Pour reprendre Aleks Sierz, « c’est un théâtre du ressenti : il secoue les spectateurs et les acteurs pour les faire sortir des sentiers battus, […] il parle de ce qui est interdit, il crée le malaise. Au fond, il nous en dit long sur ce que nous sommes vraiment. » Puis, alors que Kane jouait jusque-là sur le choc des images et de la violence paroxystiques des situations, sa plume accentue une poéticité qu’elle cultive depuis le début et prend le chemin radical d’une esthétique épurée.
Dans les pièces Manque et 4.48 Psychose, les personnages perdent leurs contours à travers une série de fragments où l’ellipse et l’abstraction atteignent un point de non retour. La prise de parole n’est plus localisée dans un sujet reconnaissable, le texte projette au-delà du quatrième mur sa forme déconstruite et polyphonique.
Sur une période brève (de 1994 à 1999), Sarah Kane aura développé un style à la fois condensé, cruel et poétique, hanté par des références littéraires persistantes à William Shakespeare, Antonin Artaud, Samuel Beckett, T.S. Eliot, Howard Barker, Edward Bond ou Martin Crimp. Mettant en scène une confrontation avec l’implacable, ses cinq pièces posent des questions politiques et existentielles dans un style où le tragique côtoie l’humour macabre et le sublime. Obsédée par la façon dont l’individuel peut s’articuler au collectif, Kane impose au spectateur une réflexion éthique sur notre aptitude à être honnête envers nous-mêmes.
Florent Siaud
Depuis 2011, le metteur en scène français Florent Siaud déploie son travail entre l’Europe et le Canada. Passionné par les écritures théâtrales des XXe et XXIe siècles, il met en scène à Montréal des textes éclatés et corrosifs comme le Quartett de Müller (Théâtre La Chapelle), 4.48 Psychose de Kane (Théâtre La Chapelle et Théâtre Paris-Villette), Don Juan revient de la guerre de von Horváth (Théâtre Prospero), Toccate et fugue de Lepage (Centre du Théâtre d’Aujourd’hui), Les Enivrés de Viripaev (Théâtre Prospero), ou Nina, c’est autre chose de Vinaver (Théâtre La Chapelle, Comédie de Picardie, Théâtres de la Ville de Luxembourg). Son attirance pour les écritures aiguisées le conduit à aborder des classiques comme La Dispute de Marivaux (Studio Alfred-Laliberté), Les Trois sœurs de Tchekhov (Monument national), Britannicus de Racine (Théâtre du Nouveau Monde) et Hamlet de Shakespeare (Théâtre Rouge).
À l’opéra, il met en scène Le Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi, Pelléas et Mélisande de Debussy (Opéra National de Bordeaux, repris en tournée à Kanazawa et Tokyo au Japon, avec Philippe Béziat), La Tragédie de Carmen, adaptation chambriste de l’œuvre de Bizet par Carrière et Brook (Théâtre Impérial de Compiègne en mai 2019), et l’opéra Les Bains macabres de Guillaume Connesson (Théâtre de l’Athénée à Paris et Théâtre Impérial de Compiègne). Parmi ses projets lyriques, citons de nouvelles productions d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski au Théâtre du Capitole de Toulouse et La Beauté du monde de Michel Marc Bouchard et Julien Bilodeau à l’Opéra de Montréal.
Artiste en résidence aux Théâtres de Compiègne, ancien élève de la section théâtre de l’École normale supérieure de Lyon et agrégé de Lettres modernes, Florent Siaud est titulaire d’un doctorat en études théâtrales en France et au Québec. Il a été dramaturge ou assistant à la mise en scène en France, en Autriche, en Allemagne ou au Canada. L’Académie du Festival d’Aix-en-Provence l’a sélectionné en 2014 pour suivre un workshop dirigé par le dramaturge britannique Martin Crimp. La quasi-intégralité des spectacles de théâtre qu’il a montés avec sa compagnie « Les songes turbulents » ont été finalistes ou lauréats aux prix de la critique du Québec, catégories « meilleur spectacle », « meilleure mise en scène », « meilleure interprétation masculine » ou « meilleure interprétation féminine. »
Photos
Dans les médias
  • Sophie Cadieux irradie dans l’intense monologue écrit par la Britannique avant son suicide en 1999.

  • Il s’agit bien du texte de Sarah Kane, la dramaturge britannique, suicidée le 20 février 1999, à 27 ans, à la gloire sombre et essentiellement posthume. Pourtant, durant une heure, de la joie et une euphorie fugace traversent le plateau. Rien n’est encore figé ni fixé et l’actrice joue tout autant la volonté de vivre et l’espoir d’une issue que l’embourbement inéluctable dans la mort. La nouvelle traduction de Guillaume Corbeil […] impulse une accessibilité mêlée d’humour qu’occultent en général les lectures de Sarah Kane, sans pour autant gommer les hiatus tragiques de ce monologue fragmentaire et lucide.

  • La comédienne Sophie Cadieux pulvérise tout ce que l’on croyait savoir de ce texte de Sarah Kane. Impressionnant. […] L’accord du metteur en scène audacieux et ferme dans ses choix et de cette femme debout […] donne à cette heure de théâtre, de littérature, d’émotion une puissance toute particulière. […] il faut voir ce grand moment.

  • [Florent Siaud] a amené Sophie Cadieux au sublime dans 4.48 psychose l’an dernier.

  • Mémorable ! […] C’est vraiment très fort, très puissant, vraiment remarquable.

  • Tout en restant fidèles à l‘esprit irrévérencieux et décalé de Kane, ces sombres fragments sont présentés sous l’aspect d’une comédie noire à la sensualité inattendue - une touche légèrement déplacée, mais parfaitement assumée par la mise en scène.

  • Photo de la marquise

    Maxyme G. Delisle / Consulat